L’île
Perrot et sa première église
Concédée à François-Marie
Perrot par Jean Talon le 21 octobre 1672, l’île Perrot
est à un carrefour de routes d’eau. Au confluent de
la rivière des Outaouais et du Saint-Laurent, l’île
baigne à la fois dans le lac Saint-Louis et le lac des Deux-Montagnes.
Ce qui a longtemps posé problème au plan de l’appartenance
à une juridiction paroissiale, les habitants et leur pasteur
devant se déplacer la plupart du temps en canot pour les
offices religieux.
De 1672 à 1721, les insulaires relevaient
de la paroisse de la Pointe Claire. Mais bientôt la chapelle
de la paroisse de Sainte-Anne du Bout (Sainte-Anne-de-Bellevue aujourd’hui)
étant plus proche attira davantage les habitants qui s’y
firent baptiser, marier et enterrer en grand nombre.
Lors d’une enquête menée
en 1721 par Benoit-Mathieu Collet, procureur général
du Conseil Supérieur, on apprend que 10 chefs de familles
dépendent de la Pointe Claire et que 14 autres relèvent
de Sainte-Anne du Bout. Il note également qu’il y a
un domaine appartenant à Alexis Trottier-Desruisseaux où
il y a un fermier, sans en préciser la juridiction.
La population augmente avec les naissances
et la seigneuresse Françoise Cuillerier, veuve de Joseph
Trottier-Desruisseaux, encourage, en 1740, la construction d’une
petite chapelle sur son domaine à la pointe du Moulin. Trois
ans plus tard, elle donne aux représentants des habitants,
les syndics, un terrain de 3 arpents, sur lequel est construite
la chapelle, ainsi qu’un autre terrain de 60 arpents dans
le but d’assurer des revenus au futur curé.
En 1753, la chapelle, vétuste et trop
petite, son gendre et successeur, le seigneur Jean-Baptiste Leduc
procède à un échange de terrain avec la Fabrique
qui n’a toujours pas recruté un curé. Il donne
un terrain d’un arpent et demi de largeur sur 20 arpents de
profondeur à l’endroit où se situe l’actuelle
église Sainte-Jeanne-de-Chantal.
A compter de 1763, les 298 habitants de l’île
Perrot relèvent de la paroisse des Cèdres et malgré
leur impatience, ce n’est qu’en 1773 que seront entrepris
les travaux de construction de l’église dont le bâtiment
sera terminé en août 1774.
Mais la paroisse n’a toujours pas de
curé résidant. L’abbé Denaut, curé
des Cèdres, continue à assurer périodiquement
le service dominical à l’île et ouvre les registres
de la paroisse en décembre 1785. Le curé Cazeneuve,
nommé en 1789, sera le premier curé à vivre
en permanence à l’Île.
Au fil du temps, les « syndics »
ou représentants des habitants qui administrent les biens
de la paroisse naissante font l’acquisition de mobilier, de
toiles et de vases sacrés.
En 1842, on installe le clocher
et une première cloche, remplacée depuis. L’église
est agrandie du côté de la sacristie en 1848. Quatre
ans plus tard, le feu détruit la sacristie qui est reconstruite
l’année suivante. La foudre frappe le clocher en 1863.
Ce n’est que deux ans plus tard qu’il sera réparé
en même temps que le toit. La façade et le clocher
seront refaits en 1901. De nouvelles cloches seront installées
en 1925. Ce seront là les derniers changements apparents
à l’édifice que nous connaissons.
|